Critique : The Shape of Water ⭐️⭐️⭐️⭐️
The Shape of Water est un film réalisé par Guillermo Del Toro en 2017. Ce film fantastique a remporté quatre Oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Sally Hawkins et Michael Shannon sont les deux acteurs vedettes de ce film.
Synopsis : Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultra secret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…
Dimanche 4 mars 2018, le film The Shape of Water remporte l'Oscar du meilleur film grâce au magnifique travail de Guillermo Del Toro.
Le talentueux réalisateur mexicain nous surprend chaque année avec des films toujours plus originaux et recherchés.
Dernièrement, il nous avait notamment proposé Pacific Rim (2013), un blockbuster au sens profond et Crimson Peak (2015), un film d'horreur à l'esthétique grandiose.
En 2017, Del Toro a décidé de nous raconter l'histoire très particulière de The Shape of Water. Faisant écho au film L'Etrange créature du lac noir, ce film raconte l'histoire d'amour entre deux êtres si différents et si semblables en même temps.
Mais alors, est-ce qu'il mérite vraiment l'Oscar du meilleur film ?
Un conte à la fois sombre et lumineux
The Shape of Water nous embarque aux Etats-Unis en pleine période de Guerre froide.
Alors que les Russes et les Américains font la course à l'armement, une créature venant d'Amérique Latine se fait capturer par l'armée américaine. Les scientifiques veulent l'étudier pour éventuellement élaborer des armes grâce à ses aptitudes physiques. De son côté, Elisa (Sally Hawkins) est une jeune femme muette travaillant comme femme de ménage dans le laboratoire où est envoyée cette créature. Comme vous vous en doutez, les deux personnages vont se rencontrer et une alchimie va rapidement naître entre eux. Elisa va donc tout faire pour le voir le plus souvent en bravant les interdits.
En effet, la créature, mi-homme mi-poisson est scrupuleusement surveillée par Richard Strickland (Michael Shannon), un cynique agent du FBI qui ne recherche que reconnaissance et profit.
Richard et Elisa sont donc les deux personnages antagonistes de ce conte, l'un représentant la douceur et la naïveté et l'autre la méchanceté et la brutalité. De ce fait, cet énorme décalage de personnalité va nous faire passer de scènes purement poétiques à des passages à la limite du gore. C'est un style de récit particulier qui pourrait surprendre et déplaire certains spectateurs.
Au milieu de ces deux personnages, on retrouve l'amphibien. Il représente la douceur et l'agressivité en même temps. Représenté au départ comme une simple bête à l'état sauvage, on en apprend un peu plus sur lui pour le considérer finalement comme un être spécial.
Par ailleurs, Del Toro a un vrai souci de l'image et du sens caché des sujets qu'il nous transpose à l'écran. Avec la créature, on peut supposer que Del Toro dénonce le mauvais traitement des animaux avec les nombreuses scènes de violence que subit l'homme poisson. D'autre part, on peut aussi supposer que cette créature, tout comme Elisa et son handicap, Zelda pour sa couleur de peau et le voisin pour son orientation sexuelle, représente la différence et qu'elle n'est pas à rejeter dans notre société.
Au milieu de ces deux personnages, on retrouve l'amphibien. Il représente la douceur et l'agressivité en même temps. Représenté au départ comme une simple bête à l'état sauvage, on en apprend un peu plus sur lui pour le considérer finalement comme un être spécial.
Par ailleurs, Del Toro a un vrai souci de l'image et du sens caché des sujets qu'il nous transpose à l'écran. Avec la créature, on peut supposer que Del Toro dénonce le mauvais traitement des animaux avec les nombreuses scènes de violence que subit l'homme poisson. D'autre part, on peut aussi supposer que cette créature, tout comme Elisa et son handicap, Zelda pour sa couleur de peau et le voisin pour son orientation sexuelle, représente la différence et qu'elle n'est pas à rejeter dans notre société.
En plus de tous ces beaux messages, Del Toro réussit, avec ce film, à nous raconter un récit fantastique dans une période temporelle très réaliste qu'est la Guerre froide.
En effet, le film aborde le racisme contre les noirs, leur immonde traitement et l'homophobie également. Il y a aussi le début de la télévision et la chute de popularité des cinémas. Il y a un caractère très réaliste qui contraste avec l'aspect fantastique de l'histoire et des personnages. C'est une des grandes forces de ce film... mais pas la seule.
Des personnages atypiques sur une bande originale romantique
Dans The Shape of Water, les personnages sont charismatiques et attachants, que ce soit le scientifique espion russe, la pétillante Zelda ou encore le voisin de palier d'Elisa. Nominé dans la catégorie de meilleur acteur dans un second rôle aux Oscars, Richard Jenkins joue en effet le voisin et l'ami proche d'Elisa. C'est d'ailleurs ce personnage qui nous raconte le début de l'histoire en voix off et que nous retrouvons à la fin de l'histoire.
The Shape of Water est aussi puissant grâce à sa musique. Alexandre Desplat a réussi à composer une musique douce, entrainante, simple mais profonde. Pour nager dans les eaux profondes du film, Desplat a notamment repris deux titres romantiques : "You'll never know" de Vera Linn ou "la Javanaise" de Serge Gainsbourg. Ce sont deux titres revisités qui collent parfaitement avec le reste des thèmes de Desplat, d'ailleurs récompensé aux Oscars. The Shape of Water est un film d'ambiance et sa bande originale est un des outils artistiques qui a permis de rendre ce film aussi bEAU.
L'eau est effectivement un peu partout dans le film. La première scène du film est d'ailleurs d'une rare beauté avec tout un décor entièrement enseveli d'eau, comme si le personnage principal vivait en apnée. Le spectateur retient aussi sa respiration tout au long de l'histoire avec une réalisation si grandiose et des décors réalistes. La reconstitution de l'époque est vraiment impeccable avec par exemple : la salle de cinéma, les papiers peints d'époque, les décors du labo. Del Toro va toujours au bout de ses idées et ce film en est la preuve vivante. Concernant, l'homme-poisson, le mélange de costume et d'effets spéciaux de post production le rendent plus vrai que nature.
A vrai dire, ce film est un hommage à la nature et à la force de l'eau. Le titre du film s'inspire d'ailleurs de cette phrase :
"L’eau prend la forme de son contenant, mais malgré son apparente inertie, il s’agit de la force la plus puissante et la plus malléable de l’univers. N’est-ce pas également le cas de l’amour ? Car quelle que soit la forme que prend l’objet de notre flamme – homme, femme ou créature –, l’amour s’y adapte."
En clair, The Shape of Water est un conte idéaliste dans lequel l'amour et la haine se confrontent constamment. Guillermo Del Toro a produit un film qui restera sûrement dans la mémoire et c'est un plaisir de voir les Oscars récompenser un film "fantastique", dans tous les sens du terme.
Note : 8/10
Note : 8/10

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